Engrais naturel pour tomates savoureuses : comprendre vraiment ce dont elles ont besoin
Pour choisir le bon engrais naturel pour des tomates juteuses et parfumées, la première étape consiste à comprendre ce que ces plantes réclament tout au long de leur croissance. Un plant qui produit des fruits bien rouges et sucrés n’est jamais le fruit du hasard. Il résulte d’un sol vivant, d’un amendement adapté et d’apports réguliers en nutriments.
Les tomates sont de grandes gourmandes. Elles épuisent vite le sol si rien n’est prévu pour les nourrir. Sur une saison, un seul pied peut consommer l’équivalent d’environ 50 g d’azote, 10 g de phosphore et 90 g de potassium. Cela montre à quel point le choix d’un fertilisant organique bien dosé est essentiel pour une culture bio réussie.
Les trois piliers NPK et le rôle du calcium
Le fameux trio NPK n’est pas qu’une formule compliquée sur un sac d’engrais. Il correspond à trois éléments clés, dont chaque tomate a besoin à des moments bien précis :
- Azote (N) : favorise un feuillage vert, dense et une tige solide, surtout utile au démarrage.
- Phosphore (P) : renforce l’enracinement et soutient la formation des premières fleurs.
- Potassium (K) : soutient la floraison, la mise à fruits et la concentration des sucres pour des tomates savoureuses.
Un autre élément joue les vedettes dans l’ombre : le calcium. Sans lui, les maraîchers connaissent bien le « cul noir » de la tomate, cette tache brune et affaissée à l’extrémité du fruit. Ce n’est pas une maladie, mais une carence d’absorption en calcium souvent liée à des arrosages irréguliers ou à un sol trop sec.
Les oligo-éléments (fer, magnésium, bore, zinc…) sont un peu les vitamines du potager. De petites quantités suffisent, mais en cas de manque, la croissance tomates ralentit, les feuilles se décolorent et la floraison perd de sa vigueur. Un bon compost ou un engrais complet à base d’algues les apporte naturellement.
Pourquoi les engrais naturels font la différence en culture bio
Dans un jardin orienté culture bio, les engrais chimiques rapides sont volontairement laissés de côté. Les engrais organiques agissent comme une réserve à libération lente. Au lieu de donner un « coup de fouet » brutal, ils nourrissent le sol, qui à son tour nourrit les plantes.
C’est justement ce fonctionnement qui fait toute la différence :
- Moins de risques de brûlure des racines, car les nutriments sont relâchés progressivement.
- Sol qui s’améliore année après année grâce à l’humus formé.
- Vie microbienne stimulée : bactéries et champignons utiles transforment la matière organique en nourriture assimilable.
Une grande méta-analyse de plus de cent études a montré que l’utilisation régulière d’engrais organiques pouvait augmenter le rendement des tomates d’environ 40 % par rapport à un sol non fertilisé. Ce n’est pas seulement une question de quantité : plusieurs essais ont aussi montré une meilleure teneur en vitamines et en antioxydants dans les fruits issus d’une nutrition organique équilibrée.
Pour un potager familial, cela signifie simplement des récoltes plus généreuses, des fruits plus parfumés et une terre qui devient chaque année plus facile à travailler. C’est précisément ce cercle vertueux qui rend la fertilisation naturelle si séduisante.
Adapter l’engrais naturel à chaque étape de la vie du plant
Les tomates ne demandent pas la même chose au début de leur vie qu’en pleine fructification. Un bon jardinier adapte donc son engrais naturel à chaque phase :
- Avant plantation : gros travail d’amendement avec compost mûr et fumier bien décomposé.
- Phase de croissance : apports d’azote doux (purin d’ortie dilué, engrais organique équilibré).
- Floraison et fructification : priorité au potassium et au calcium (purin de consoude, cendre de bois bien dosée).
En respectant ce rythme, on évite les plants qui montent « tout en feuilles » sans donner de fruits, ou au contraire qui s’épuisent trop tôt. En résumé, des tomates bien nourries au bon moment sont des tomates naturellement plus goûteuses.
Cette compréhension de base ouvre la porte à un choix beaucoup plus serein parmi les différents engrais naturels présentés dans les sections suivantes.

Compost, fumier et purins : les meilleurs engrais naturels pour des tomates bien cultivées
Une fois les besoins des tomates bien en tête, reste à choisir les alliés les plus efficaces. Certains ingrédients sont de véritables stars au potager : ils reviennent dans toutes les discussions entre jardiniers passionnés. C’est le cas du compost mûr, du fumier bien décomposé et des fameux purins de plantes.
Ces trois grandes familles posent les bases d’un engrais naturel complet, capable d’assurer aussi bien la croissance que la fructification. Elles s’intègrent sans difficulté dans une approche de culture bio, que ce soit en pleine terre ou en bac.
Compost mûr : la base du terreau fertile et vivant
Le compost est souvent décrit comme l’or noir du jardin. Il transforme les épluchures de cuisine, les feuilles mortes et les petites tailles en un matériau brun, friable, qui sent la forêt après la pluie. Utilisé au bon moment, il devient un amendement irremplaçable.
Pour les tomates, il joue plusieurs rôles à la fois :
- Apport équilibré en azote, phosphore, potassium et oligo-éléments.
- Amélioration du sol : structure plus aérée, meilleure rétention d’eau, sol moins compact.
- Réservoir de vie : vers de terre, micro-organismes, champignons bénéfiques.
En pratique, l’idéal est d’incorporer 5 à 10 cm de compost sur la zone qui accueillera les tomates, quelques semaines avant la plantation. En pot, un mélange contenant 20 à 30 % de compost dans le terreau offre une réserve nutritive très appréciée.
Pour vérifier qu’un compost est mûr, il doit être homogène, sans morceaux reconnaissables de déchets, et sans odeur forte. S’il chauffe encore ou sent le fumier frais, mieux vaut attendre, sous peine de stresser les racines.
Fumier composté : un engrais organique puissant mais doux
Le fumier de cheval, de vache ou de volaille, une fois bien composté, est un excellent fertilisant organique. Il est plus riche que le compost de déchets ménagers, mais doit être manipulé avec un peu plus de précautions.
Ses atouts pour les tomates sont nombreux :
- Libération lente de l’azote, idéale pour une croissance régulière.
- Renforcement de la structure du sol grâce à une matière organique abondante.
- Stimulation de la vie du sol, surtout si on l’intègre dès l’automne.
En règle générale, on compte 3 à 5 kg de fumier bien mûr par mètre carré, apportés en automne ou au tout début du printemps. Cette préparation prépare un lit douillet, riche, dans lequel les racines de tomates vont plonger dès les beaux jours.
Une fois le plant installé, il n’est plus nécessaire de répandre du fumier autour, surtout en petite surface. Mieux vaut relayer ensuite avec des purins plus ciblés pour gérer la suite de la saison.
Purin d’ortie et purin de consoude : deux potions vraiment éprouvées
Les purins de plantes ont parfois l’air de recettes de sorcières, mais certains sont très bien documentés. C’est particulièrement vrai pour l’ortie et la consoude, deux classiques des jardins naturels.
Le purin d’ortie agit comme un accélérateur de croissance tomates :
- Riche en azote pour stimuler feuilles et tiges.
- Source de minéraux utiles (fer, magnésium, oligo-éléments).
- Effet tonique sur les défenses naturelles des plantes.
La préparation est simple : feuilles d’orties hachées, recouvertes d’eau, laissées à fermenter une dizaine de jours. On filtre ensuite pour obtenir un liquide sombre à diluer à 10 % (1 L de purin pour 9 L d’eau). Utilisé en arrosage au pied toutes les deux semaines jusqu’à la floraison, il dynamise la phase juvénile.
Le purin de consoude, lui, brille au moment des fleurs et des fruits :
- Très riche en potassium, l’élément de la fructification.
- Apport de calcium et de minéraux variés.
- Action ciblée sur la mise à fruits et la qualité gustative.
Même méthode de fabrication que l’ortie, mais usage légèrement différent : on le réserve aux périodes de floraison et nouaison, toujours dilué autour de 10 %, en arrosage hebdomadaire. Plusieurs essais montrent des rendements proches de ceux obtenus avec des engrais organiques du commerce bien dosés.
En combinant compost de fond, fumier bien mûr et purins adaptés à la saison, le jardinier dispose déjà d’une base presque complète pour nourrir ses tomates de façon naturelle et efficace.
Engrais naturels pour tomates : démêler le vrai du faux parmi les astuces populaires
Les réseaux sociaux et les forums regorgent d’astuces plus ou moins étonnantes pour nourrir les tomates. Certaines relèvent du bon sens, d’autres se sont transmises comme des légendes de jardin sans jamais avoir été vraiment vérifiées. Distinguer mythe et réalité permet d’éviter beaucoup de déceptions.
Certaines idées séduisent parce qu’elles semblent gratuites et faciles à mettre en place, mais elles ne sont pas toujours adaptées à une culture bio raisonnée. Un bon engrais naturel doit être à la fois efficace, sûr pour le sol et cohérent avec le rythme de la plante.
Coquilles d’œuf, marc de café, peaux de banane : ce qui fonctionne vraiment
Les coquilles d’œuf sont souvent conseillées comme remède miracle contre le « cul noir », censées apporter le calcium manquant. En réalité, elles sont composées de carbonate de calcium très stable, qui se dégrade extrêmement lentement dans le sol. Le calcium qu’elles contiennent devient disponible sur plusieurs années, pas sur une saison.
Utiliser les coquilles n’est pas inutile, mais plutôt comme ingrédient de compost à long terme que comme traitement rapide. Pour prévenir le « cul noir », les gestes qui comptent sont :
- Arrosages réguliers, sans alternance de sécheresse et d’excès d’eau.
- Sol bien aéré, évitant l’asphyxie des racines.
- Apport de matière organique qui stabilise l’humidité.
Le marc de café frais, lui, mérite un vrai coup de projecteur. Certes, il contient un peu d’azote et de matière organique, mais plusieurs études ont montré qu’utilisé en grande quantité directement au pied des plantes, il pouvait freiner la germination et la croissance. Les tomates semblent particulièrement sensibles à certains composés du café.
Mieux vaut :
- Ajouter le marc au compost en petites quantités.
- L’éviter en paillage direct sur les jeunes plants de tomates.
- Ne pas l’utiliser comme engrais principal.
Les peaux de banane attirent aussi l’attention pour leur richesse supposée en potassium. L’idée de les enterrer au pied des plants ou de fabriquer une « eau de banane » revient souvent. La réalité est plus nuancée : le potassium reste en grande partie piégé dans la peau, qui se décompose lentement, surtout dans un sol sec ou compact.
La meilleure option reste là encore de les intégrer au compost global. Elles y contribueront, mais ne remplaceront jamais un vrai apport potassique au moment de la fructification.
Urine diluée, cendres de bois, sel d’Epsom : des solutions puissantes mais à manier avec précaution
Certains engrais étonnent par leur efficacité réelle, confirmée par des essais scientifiques, tout en restant parfois tabous ou mal connus. L’exemple le plus frappant est celui de l’urine diluée.
Utilisée avec intelligence, l’urine humaine peut jouer le rôle de nitrate naturel, grâce à sa richesse en azote immédiatement assimilable. Des essais ont montré des rendements de tomates multipliés par plus de quatre par rapport à des plants non fertilisés, avec des fruits parfois plus riches en certains nutriments.
Quelques règles permettent une utilisation sereine :
- Dilution importante : 1 L d’urine pour 10 à 20 L d’eau.
- Usage limité à la croissance : arrêt dès la pleine floraison.
- Application au sol uniquement, jamais sur le feuillage.
Les cendres de bois sont une autre option intéressante. Issues de bois non traité, elles apportent potassium, calcium et divers minéraux. Mais leur grand pouvoir alcalinisant impose d’être très mesuré, surtout en pot ou sur sol déjà calcaire.
Quelques poignées par mètre carré, bien mélangées à la terre, suffisent largement. Sur un seul plant, on se limite à une petite poignée au maximum dans la saison. Au-delà, le risque de bloquer l’absorption d’autres nutriments augmente.
Le sel d’Epsom (sulfate de magnésium) bénéficie d’une grande popularité dans certaines vidéos de jardinage. Pourtant, un apport excessif peut déséquilibrer le sol. Il ne trouve sa place que lorsqu’une carence réelle en magnésium est diagnostiquée : feuilles du bas jaunissant entre les nervures, sol très pauvre ou forte lessive en culture hors sol.
- Avec symptômes et analyse : usage ponctuel possible.
- Sans signes de manque : à éviter, aucun bénéfice prouvé.
En résumé, ces engrais étonnants peuvent être utiles, mais ne remplacent jamais un sol bien amendé avec compost, fumier mûr et purins bien dosés.
Programme d’engrais naturel selon que vos tomates soient en pot ou en pleine terre
Le même plant de tomate réagit très différemment selon qu’il pousse dans un grand pot sur un balcon ou dans un massif généreux au jardin. Le volume de terre, la chaleur, l’évaporation et même la fréquence des arrosages modifient totalement la manière d’apporter un engrais naturel.
Adapter sa stratégie à la situation permet de profiter pleinement du potentiel des plantes, tout en évitant les excès qui brûlent les racines ou lessivent le sol. Le fil conducteur reste le même : nourrir la terre, pas seulement le plant.
Tomates en pot : un terreau riche, bien drainé et nourri en douceur
Les tomates cultivées en bacs, jardinières profondes ou gros pots ressentent rapidement toute erreur de dosage. Le volume limité de terreau s’épuise et se dessèche plus vite, ce qui impose une attention particulière aux apports de fertilisant organique.
Dès la plantation, un bon mélange de base fait toute la différence :
- 1/2 terreau de qualité, spécial potager ou plantation.
- 1/3 compost mûr, bien tamisé.
- 1/6 matière drainante (sable grossier, pouzzolane fine, fibre de coco).
Dans chaque trou de plantation, une poignée d’engrais organique à libération lente, riche en potassium, permet de créer une réserve douce. Certains produits « spécial tomates » affichent des formules du type 5-4-9, très adaptées à ce type de culture.
Ensuite, il suffit de suivre un petit calendrier :
- Semaines 1 à 4 : laisser agir la réserve du mélange de départ.
- De 4 à 6 semaines : si la croissance ralentit, début des arrosages au purin d’ortie dilué.
- À la floraison : passage progressif au purin de consoude, toujours très dilué.
L’arrosage doit rester régulier, souvent quotidien en été. Un paillage léger sur le dessus du pot (paille, copeaux, compost grossier) limite l’évaporation et stabilise la température. Cette stabilité aide beaucoup la plante à bien assimiler les nutriments présents dans le substrat.
Tomates en pleine terre : miser sur l’amendement de fond et le paillage
Au jardin, les racines disposent d’une plus grande liberté. Elles peuvent descendre en profondeur, contourner une poche de sol pauvre, ou profiter de zones plus fraîches. Cela permet des apports d’engrais plus espacés, mais mieux calculés dans le temps.
La clé réside dans une bonne préparation du sol :
- À l’automne : apport de fumier composté (3 à 5 kg/m²), légèrement enfoui.
- Au printemps : couche de 5 cm de compost mûr en surface, incorporée au griffage.
- À la plantation : petite poignée de corne broyée (azote à libération lente) et une cuillère de poudre d’os (phosphore).
Une fois les plants installés, un épais paillage (foin, paille, tontes séchées) protège le sol et évite les éclaboussures de terre sur le feuillage. En se dégradant, ce paillis devient lui-même un apport continu de matière organique, comme un compost très lent à même le sol.
Les apports de saison deviennent alors très simples :
- 3 semaines après plantation : un arrosage au purin d’ortie dilué pour relancer la croissance.
- Au début de la floraison : passage au purin de consoude une fois par semaine.
- À la formation des premiers fruits : réduction puis arrêt des apports azotés.
Ce rythme régulier, sans excès, suffit dans la plupart des potagers où le sol est déjà vivant. Il donne des plants équilibrés, ni trop feuillus ni trop maigres, et des grappes de tomates bien remplies.
Qu’il s’agisse d’un balcon urbain ou d’un grand jardin de campagne, le secret reste finalement le même : partir d’un sol (ou d’un substrat) riche en matière organique, puis ajuster légèrement en fonction des signes que les plantes envoient.
Erreurs fréquentes avec les engrais naturels pour tomates et comment les éviter
Même avec les meilleures intentions, certaines pratiques peuvent compromettre une belle récolte. Les tomates réagissent rapidement aux excès ou aux manques, et certaines erreurs reviennent régulièrement chez les jardiniers qui découvrent la fertilisation organique.
Les repérer à l’avance permet d’adapter ses apports, de préserver la qualité du sol et de profiter pleinement des bénéfices d’un engrais naturel bien choisi.
Surdosage d’azote : des feuilles superbes mais peu de tomates
La tentation est grande de penser qu’un peu plus d’engrais fera encore mieux pousser les plants. Pourtant, l’excès d’azote est l’un des pièges les plus courants. Il peut venir d’un fumier trop frais, d’apports de purin d’ortie trop rapprochés, ou de l’usage cumulé de plusieurs produits riches en azote.
Les symptômes sont assez faciles à reconnaître :
- Feuillage très vert foncé, parfois au reflet légèrement bleu.
- Tiges épaisses et longues, mais peu de fleurs.
- Fleurs qui avortent ou tombent sans former de fruits.
Dans ce cas, la meilleure réaction est d’arrêter immédiatement tous les apports azotés, de privilégier un arrosage régulier et d’attendre que la plante rééquilibre sa croissance. Si la saison le permet, l’utilisation modérée de purin de consoude ou d’un autre engrais plus riche en potassium aide parfois à réorienter l’énergie vers la fructification.
Timing maladroit : nourrir au mauvais moment
Un engrais naturel peut être parfait sur le papier, mais totalement inadapté s’il est utilisé au mauvais stade de développement. Les tomates ont besoin d’azote avant tout pendant la croissance végétative, mais ce même élément devient gênant quand la plante devrait concentrer ses forces sur les fruits.
Quelques repères aident à garder le bon tempo :
- Avant plantation et jusqu’aux premiers bouquets de fleurs : phase où l’on peut nourrir généreusement.
- Au début de la floraison : transition, avec réduction progressive de l’azote.
- À partir de la formation des fruits : priorité au potassium et au calcium, arrêt des engrais trop azotés.
Un autre écueil classique consiste à fertiliser des plants qui viennent de subir un stress important (sécheresse, repiquage brutal, attaque de maladie). Dans ces moments-là, une plante a surtout besoin d’eau, de douceur et de temps, pas d’un nouvel afflux de nutriments qu’elle ne pourra pas assimiler.
Mélanges dangereux et fermentations indésirables
Les engrais organiques sont souvent combinés entre eux, ce qui est une bonne chose lorsqu’on connaît les interactions possibles. Mais certains mélanges peuvent s’annuler, voire devenir problématiques.
Quelques exemples à garder en tête :
- Cendres de bois + engrais azotés frais (fumier, purin concentré) : risque de dégagement d’ammoniac et perte d’azote.
- Accumulation de matières fraîches au pied (marc de café, peaux de banane, restes non compostés) : fermentations anaérobies produisant des substances toxiques.
- Apports trop fréquents de purin sans pause : saturation du sol en certains ions minéraux.
Une règle simple aide à s’y retrouver : mieux vaut alterner les types d’apport (par exemple compost de fond, puis purin, puis éventuellement un engrais du commerce) plutôt que de tout superposer. Entre deux apports, quinze jours laissent au sol le temps de digérer ce qui a été donné.
En évitant ces pièges, les engrais naturels révèlent tout leur potentiel, sans nuire à la vie du sol ni aux saveurs des tomates.
Choisir l’engrais naturel idéal selon vos objectifs : rendement, saveur, autonomie
Tous les jardiniers ne visent pas le même résultat. Certains rêvent d’une avalanche de fruits, d’autres privilégient la qualité gustative, la dimension écologique ou l’envie de tout produire à la maison. Le choix de l’engrais naturel s’ajuste facilement à ces différentes envies.
En combinant quelques produits bien choisis, il est possible de trouver un équilibre entre rendement, autonomie et simplicité d’utilisation, tout en restant dans une logique de culture bio respectueuse.
Maximiser les récoltes : quand le sol devient un allié puissant
Pour ceux qui veulent surtout beaucoup de tomates, l’essentiel est de bâtir un sol très fertile et bien structuré. C’est lui qui agit comme un immense réservoir d’éléments nutritifs, disponible au rythme de la plante.
Une stratégie efficace peut ressembler à ceci :
- Automne : engrais verts (légumineuses, phacélie) puis enfouissement léger.
- Hiver/printemps : apport de fumier composté et de compost ménager mûr.
- Saison : purins de plantes alternés, paillage généreux et arrosage maîtrisé.
Dans ce contexte, l’idée n’est pas d’ajouter constamment de nouveaux produits, mais d’installer un cycle vertueux où la matière organique se renouvelle et se transforme sans cesse. La croissance tomates profite alors d’un sol qui se régénère lui-même.
Priorité au goût : favoriser des tomates vraiment savoureuses
Pour mettre toutes les chances de son côté et obtenir des fruits sucrés, parfumés, avec une chair dense, la nutrition joue un rôle aussi important que le choix de la variété ou l’ensoleillement. Des apports trop tardifs ou trop azotés peuvent diluer les saveurs en gonflant les fruits d’eau.
Quelques principes aident à privilégier la qualité :
- Éviter les excès d’azote après la floraison.
- Assurer un bon niveau de potassium via purin de consoude ou engrais riches en K.
- Stabiliser l’eau : sol paillé, arrosages réguliers plutôt que rares et abondants.
Un sol bien pourvu en matière organique et en minéraux permet à la plante de synthétiser plus de sucres et de composés aromatiques. En parallèle, la réduction des arrosages quelques jours avant la récolte, lorsque le sol est bien frais et paillé, concentre encore un peu plus les saveurs.
Autonomie et simplicité : faire avec ce que l’on a sous la main
Pour les jardiniers qui souhaitent limiter les achats, de nombreuses solutions locales permettent de créer un plan de fertilisation quasi complet. Il suffit de combiner quelques ingrédients accessibles :
- Compost maison issu des déchets de cuisine et de jardin.
- Purin d’ortie et éventuellement de consoude, préparés dans un simple seau.
- Paillis de tontes séchées, feuilles, paille ou BRF léger.
À cela peuvent s’ajouter ponctuellement quelques apports ciblés (cendre de bois tamisée, petite dose de fumier local bien mûr). Le tout construit un amendement complet, capable de soutenir la plupart des cultures sans recours systématique aux produits du commerce.
Qu’il s’agisse de rendement, de goût ou d’autonomie, l’important est de garder en tête que le sol reste au centre du jeu. C’est lui que l’on nourrit pour que, à son tour, il nourrisse les tomates.
Quel engrais naturel est le plus polyvalent pour des tomates savoureuses ?
Pour des tomates à la fois productives et savoureuses, le compost bien mûr reste l’engrais naturel le plus polyvalent. Il apporte un équilibre d’azote, de phosphore, de potassium et d’oligo-éléments, tout en améliorant la structure du sol et la rétention d’eau. Associé à un purin d’ortie en début de saison et à un purin de consoude pendant la fructification, il couvre la plupart des besoins des tomates en culture bio.
Comment utiliser le purin d’ortie sans risquer de brûler les plants de tomates ?
Le purin d’ortie doit toujours être bien dilué avant utilisation, en général à 10 % (1 L de purin pour 9 L d’eau). Il s’applique uniquement au pied des tomates, jamais sur le feuillage, et de préférence sur un sol déjà humide. Une fréquence d’un arrosage tous les 15 jours pendant la phase de croissance est suffisante. Il est conseillé d’arrêter les apports au moment de la floraison pour éviter un excès d’azote.
Les tomates en pot ont-elles besoin d’un engrais différent de celles en pleine terre ?
Les tomates en pot ont besoin des mêmes nutriments que celles en pleine terre, mais la gestion est plus délicate car le volume de terreau est limité. Un mélange riche en compost, complété par un engrais organique à libération lente, constitue une bonne base. Des apports liquides réguliers (purin d’ortie, purin de consoude ou engrais organique liquide) compensent ensuite l’épuisement plus rapide du substrat. En revanche, il faut éviter les doses trop concentrées qui peuvent brûler les racines confinées.
Les coquilles d’œuf suffisent-elles à éviter le cul noir des tomates ?
Non, les coquilles d’œuf ne suffisent pas pour prévenir le cul noir. Elles se décomposent très lentement et n’apportent pas de calcium disponible rapidement. Le cul noir est surtout lié à une mauvaise absorption du calcium par la plante, souvent à cause d’arrosages irréguliers ou d’un sol trop sec. Un sol bien amendé en compost, un arrosage régulier et une bonne aération des racines sont les meilleurs moyens de limiter ce problème.
Peut-on se passer complètement d’engrais du commerce pour cultiver des tomates ?
Il est tout à fait possible de cultiver des tomates sans engrais du commerce en s’appuyant sur des engrais naturels faits maison : compost, fumier bien mûr, purins de plantes et paillages organiques. Ces éléments assurent une fertilisation progressive et durable. Les engrais organiques du commerce restent toutefois pratiques pour corriger ponctuellement une carence ou pour gagner du temps lorsqu’on ne peut pas produire suffisamment de matière organique soi-même.

