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Comment tailler un althéa pour favoriser sa floraison

Quand tailler un althéa pour une floraison vraiment spectaculaire

Pour obtenir une floraison généreuse, la période de taille de l’althéa est déterminante. Cet arbuste, aussi appelé Hibiscus syriacus ou mauve en arbre, prépare ses boutons floraux sur les pousses qui apparaissent au printemps. Cela signifie que les fleurs naissent sur le bois jeune, et non sur les vieilles branches. Si la taille est mal placée dans le calendrier, l’arbuste se retrouve privé d’une bonne partie de sa capacité à fleurir.

La fenêtre idéale se situe généralement entre la fin de l’hiver et le tout début du printemps, vers le mois de mars selon les régions. À ce moment, les grosses gelées sont en grande partie passées, mais la végétation n’a pas encore vraiment redémarré. La sève commence seulement à monter, ce qui permet aux plaies de cicatriser rapidement sans affaiblir la plante. Une taille à ce moment-là stimule la croissance de nouveaux rameaux vigoureux, qui porteront les fleurs de l’été.

Lorsque la taille est réalisée trop tôt en hiver, un épisode de froid tardif peut endommager les extrémités fraîchement coupées. L’arbuste met alors plus de temps à repartir et la végétation peut être irrégulière. Si au contraire on intervient trop tard, en mai ou juin par exemple, une grande partie des futures fleurs disparaît avec les rameaux coupés. On se retrouve avec un althéa très feuillu, mais nettement moins lumineux en été.

Dans les régions au climat doux, où les hivers sont peu marqués, certains jardiniers apprécient de pratiquer une légère taille d’entretien dès la fin de l’automne, après la chute des feuilles. Il s’agit alors surtout d’un nettoyage : suppression du bois mort, des branches cassées et de quelques rameaux qui s’entrecroisent. La taille principale, plus structurante, est tout de même gardée pour la fin de l’hiver, afin de vraiment booster les pousses de l’année.

Pour les jardiniers débutants, l’un des repères les plus simples est d’observer l’arbuste voisinage. Quand les forsythias commencent à jaunir ou que les premiers bourgeons des fruitiers gonflent à peine, c’est souvent le bon moment pour attraper le sécateur. L’althéa lui-même donne aussi des indices : ses bourgeons s arrondissent et se teintent légèrement de vert, sans être encore ouverts. C’est à ce stade qu’une taille bien pensée donne les meilleurs résultats.

Les contraintes de calendrier peuvent parfois bousculer les plans. Un exemple concret : un jardinier, Marc, n’a pu tailler son althéa qu’en plein mois d’avril une année très chargée. Résultat, la plante a tout de même reflori, mais avec beaucoup moins de fleurs que d’habitude et surtout concentrées en haut. L’année suivante, en revenant à une taille en mars, l’arbuste a repris une allure beaucoup plus harmonieuse, avec des fleurs bien réparties sur toute la hauteur.

Dans les jardins récents, il est tentant de tailler dès la plantation pour « mettre en forme ». Pourtant, pour un jeune arbuste, mieux vaut parfois attendre la deuxième année pour une vraie taille de structure. La première saison, il peut se concentrer sur l’enracinement avant qu’on ne commence à lui demander de gros efforts de ramification et de floraison. Une simple suppression des branches abîmées par le transport suffit alors largement.

Le climat local joue aussi un grand rôle. Dans une région de montagne, un jardin exposé au vent froid devra patienter plus longtemps qu’un jardin urbain abrité. La même date ne convient pas à tout le monde, l’essentiel est de comprendre la logique : tailler alors que la plante dort encore à moitié, mais s’apprête à bondir. Cette compréhension permet ensuite d’ajuster au fil des années.

En gardant à l’esprit ce timing, chaque geste de coupe cesse d’être une source d’angoisse et devient un véritable levier pour transformer la silhouette et la floraison de la mauve en arbre. C’est dans cette fenêtre de fin d’hiver que l’on prépare, en silence, le futur feu d’artifice de couleurs.

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Techniques de taille de l’althéa pour booster la floraison

Comprendre la bonne période de taille permet de passer à une question tout aussi importante : comment tailler concrètement l’althéa pour stimuler sa floraison sans le fatiguer ? Cet arbuste réagit très bien à une taille assez courte, parfois qualifiée de sévère, à condition de procéder avec méthode. L’objectif n’est jamais de mutiler la plante, mais de la pousser à produire de nouvelles pousses florifères pleines d’énergie.

Tout commence par un bon nettoyage. Avant de chercher la forme idéale, il faut retirer tout ce qui est inutile. Les branches mortes, sèches ou cassées se repèrent facilement : leur bois est gris, terne, parfois crevassé. Une coupe nette au ras de la branche charpentière qui les porte permet d’aérer immédiatement le centre de l’arbuste. Ce geste simple favorise la circulation de l’air et limite certaines maladies.

Une fois ce premier tri effectué, on s’attaque aux rameaux mal placés. Ceux qui se croisent, frottent entre eux ou poussent franchement vers l’intérieur de la ramure sont de bons candidats à la suppression. L’idée est de guider l’althéa vers une forme en gobelet, ouverte au centre, qui laissera entrer la lumière. Une bonne luminosité au cœur de l’arbuste est un facteur clé pour obtenir des branches solides et bien fleuries.

Vient ensuite le moment d’intervenir sur les rameaux ayant déjà porté des fleurs la saison précédente. Ce sont généralement des branches de l’année, encore assez fines, portant parfois des fruits secs bruns remplis de graines. Leur écorce, marron plus vive que le vieux bois grisé, les distingue facilement. Sur chacun de ces rameaux, une taille au-dessus du deuxième ou troisième bourgeon est recommandée.

Le bourgeon choisi n’est pas pris au hasard. On privilégie un œil orienté vers l’extérieur de l’arbuste. Ce détail change tout : la future pousse se développera vers l’extérieur, ouvrant davantage la silhouette au lieu de l’entasser. Si le deuxième ou troisième bourgeon est tourné vers l’intérieur, il est tout à fait possible de monter au quatrième ou cinquième. Le but n’est pas de respecter un chiffre exact, mais d’obtenir une direction de croissance intéressante.

Cette taille courte peut impressionner. Pourtant, chez l’althéa, elle stimule une forte ramification. Les rameaux ainsi raccourcis se multiplient et portent chacun des boutons floraux. C’est cette multiplication des petites branches fleuries qui donne l’impression d’une explosion de fleurs en plein été. Sans cette intervention, l’arbuste aurait tendance à s’allonger, à se dégarnir de la base et à fleurir surtout à l’extrémité des tiges.

Pour les sujets plus âgés ou un peu négligés, une taille de rajeunissement peut s’avérer utile. Tous les trois ou quatre ans, certains jardiniers n’hésitent pas à rabattre quelques grosses branches charpentières à 30 ou 40 centimètres du sol. L’althéa, très tolérant, repart alors de la base avec une vigueur surprenante et une nouvelle architecture. Ce type d’intervention se prépare cependant, en conservant toujours quelques charpentières intactes pour que la plante ne soit pas totalement déplumée.

Les outils ont leur importance. Un sécateur bien affûté et désinfecté, une scie d’élagage pour les branches plus épaisses et éventuellement un coupe-branches pour les parties intermédiaires évitent d’écraser le bois. Une coupe nette guérit plus vite et ne laisse pas de porte d’entrée aux champignons. Prendre le temps de nettoyer ses lames à l’alcool entre deux arbustes limite aussi la transmission de maladies au jardin.

Pour mémoriser ces gestes, certains jardiniers se créent une petite règle personnelle. Par exemple : « enlever ce qui est mort, ce qui gêne, puis raccourcir pour faire fleurir ». Résumer la technique en trois étapes rend la taille plus abordable et moins intimidante. Et chaque année apporte de nouveaux repères pour affiner la main.

Une fois ce travail de structure assuré, l’althéa dispose de tout ce qu’il lui faut pour préparer une floraison généreuse. La section suivante se concentre sur l’entretien régulier au fil des saisons, afin que cette taille ne soit pas un simple coup d’éclat isolé, mais l’élément central d’un suivi harmonieux.

Taille d’entretien et nettoyage saisonnier pour un althéa toujours sain

En dehors de la taille principale de fin d’hiver, une taille d’entretien douce, complétée par un nettoyage régulier, aide énormément l’althéa à rester en bonne santé. Un arbuste bien suivi se défend mieux contre les maladies, supporte mieux les aléas climatiques et offre une floraison plus régulière d’année en année. Il ne s’agit pas de couper constamment, mais d’intervenir avec justesse au bon moment.

À l’automne, une fois les feuilles tombées, l’arbuste se dévoile. C’est un moment idéal pour une observation attentive. On repère les branches qui ont mal passé la saison, celles qui ont été abîmées par le vent ou alourdies par la pluie. Plutôt que de laisser ces parties se dégrader tout l’hiver, une légère taille permet de sécuriser la structure de la plante et d’éviter les ruptures pendant les tempêtes.

Cette intervention automnale se limite à quelques gestes simples : suppression des rameaux qui pendent, raccourcissement modéré des branches trop longues qui déséquilibrent la silhouette, et retrait des fruits secs en excès. Laisser quelques capsules peut être intéressant pour les oiseaux ou pour récolter des graines, mais en conserver partout épuise un peu l’arbuste. Libéré de cette charge, il concentre davantage d’énergie sur l’émission de nouveaux bourgeons au printemps.

Pendant la saison de croissance, entre mai et septembre, la surveillance se fait plus légère mais régulière. Dès qu’une branche se casse, que l’on voit apparaître un départ très mal orienté ou un rameau malingre à la base, une coupe rapide évite de futurs problèmes. On peut parler de micro-taille, faite au fil des passages dans le jardin, qui remplace avantageusement une grosse opération de rattrapage plus tard.

Le centre de l’althéa mérite une attention particulière. Au fil des années, s’il n’est pas éclairci, un véritable fouillis de petites tiges peut s’installer au cœur de l’arbuste. Le résultat est moins de lumière, plus d’humidité stagnante et, parfois, des attaques de champignons ou de pucerons plus difficiles à contrôler. En supprimant régulièrement ces petits rameaux concurrents, on garde un cœur aéré et lumineux.

Cet entretien s’accompagne idéalement de gestes complémentaires qui n’impliquent pas toujours le sécateur. Un bon paillage au pied, par exemple, garde la fraîcheur du sol en été et limite la concurrence des herbes indésirables. Quand les racines sont au frais et bien nourries, la croissance est plus équilibrée et la plante réagit mieux à la taille.

Certains jardiniers aiment profiter du début de floraison pour « lire » la réaction de l’arbuste. Si l’on voit de nombreuses fleurs mais toutes perchées au sommet, c’est souvent le signe que la taille d’hiver a été trop timide ou mal positionnée. À l’inverse, si les fleurs sont petites et rares sur des rameaux très feuillus, un excès d’azote dans le sol ou un manque de lumière peut être en cause. La taille d’entretien devient alors un outil de correction en douceur.

Voici par exemple quelques gestes à intégrer dans la routine saisonnière :

  • Au début du printemps : vérifier les coupes de l’hiver, retirer les rameaux qui n’ont finalement pas démarré et ajuster légèrement la forme.
  • En été : supprimer les quelques fleurs fanées les plus visibles pour garder un aspect propre, surtout si l’althéa est proche de la terrasse.
  • En automne : retirer le bois cassé et alléger les branches trop longues avant les coups de vent.
  • En hiver doux : observer la structure sans feuilles et repérer à l’avance les branches qui seront rabattues en fin d’hiver.

Cette succession de petites attentions évite au jardinier de se retrouver avec un arbuste « perdu » qu’il faudrait reprendre totalement. L’althéa reste ainsi dans un cycle équilibré, où chaque saison prépare la suivante. Le cœur de l’entretien, c’est cette cohérence entre les gestes, bien plus que des interventions spectaculaires.

Une fois ce suivi régulier acquis, il devient naturel de s’intéresser à la façon dont la taille peut influencer non seulement la quantité, mais aussi la qualité des fleurs. C’est ce lien entre architecture de l’arbuste et richesse des floraisons qui est exploré dans la prochaine partie.

Influence de la taille sur la croissance et la forme de l’althéa

La taille de l’althéa ne se contente pas de déclencher une belle floraison. Elle façonne aussi profondément la croissance et la silhouette de cet arbuste. Derrière chaque coupe se cache un message envoyé à la plante : produire de nouvelles pousses, se ramifier, se densifier ou, au contraire, alléger certaines zones. Comprendre cette « conversation » permet d’obtenir un althéa harmonieux, bien proportionné et adapté à l’espace disponible.

Lorsqu’un rameau est raccourci, les bourgeons situés juste en dessous de la coupe se réveillent. Au lieu de prolonger simplement la tige en longueur, la plante se met à produire des branches latérales. C’est ce phénomène qui transforme une tige un peu raide en une portion de ramure plus touffue, capable de porter plusieurs fleurs. Plus la taille est courte, plus la réaction de ramification est marquée, dans la limite du raisonnable.

Ce principe peut être utilisé pour guider la forme générale. Pour obtenir un arbuste large, les coupes sont réalisées sur des bourgeons tournés vers l’extérieur et l’on garde davantage de branches latérales. Pour un port plus étroit, adapté à un petit jardin ou à une haie, on favorise au contraire les tiges montant vers le haut, en supprimant une partie des départs horizontaux. L’althéa se prête bien à ces variations sans perdre son charme.

Dans les espaces réduits, certains jardiniers choisissent même de conduire l’althéa en petit arbre. Une ou deux branches charpentières sont sélectionnées pour former un tronc, et toutes les pousses situées en dessous d’une certaine hauteur sont progressivement supprimées. La ramure se développe alors en hauteur, comme une ombrelle fleurie. Cette mise en forme demande quelques années de patience, mais la taille en reste le principal outil.

À l’inverse, dans un grand jardin, on peut préférer un port buissonnant, joliment arrondi. Dans ce cas, la taille se concentre davantage sur l’intérieur pour dégager le centre tout en gardant un maximum de départs latéraux. Le résultat est une sorte de nuage fleuri qui s’intègre très bien dans un massif champêtre ou près d’un coin repos.

La gestion de la vigueur fait aussi partie des enjeux. Un althéa très vigoureux, par exemple installé dans un sol riche et bien arrosé, peut produire de longues tiges peu ramifiées qui filent vers le ciel. Une taille plus marquée sur ces branches exubérantes, combinée à un apport de compost modéré plutôt que trop généreux, rééquilibre les choses. La plante consacre alors moins d’énergie au bois et davantage aux fleurs.

À l’inverse, un arbuste qui semble végéter, avec peu de pousses nouvelles et une floraison timide, peut bénéficier d’une taille rafraîchissante. En raccourcissant franchement le vieux bois grisé et en stimulant les bourgeons plus bas, on « réinitialise » en quelque sorte la ramure. Ce type d’intervention, couplé à un arrosage régulier en période sèche, a déjà transformé bien des althéas jugés « fichus » en stars du jardin quelques saisons plus tard.

Un exemple concret illustre bien ce rôle de la taille sur la forme. Dans un petit jardin de ville, une propriétaire avait planté son althéa trop près du passage. En quelques années, les branches venaient gêner le passage des poubelles et masquer partiellement une fenêtre. Plutôt que d’arracher l’arbuste, la taille a été utilisée comme solution : suppression des branches les plus avancées vers l’allée, conservation des départs opposés et taille plus courte côté maison. En deux saisons, la silhouette s’est déplacée visuellement sans que la plante ne perde de vigueur.

La taille joue enfin un rôle sur la durabilité de la structure. Un arbuste livré à lui-même pendant des années finit souvent par présenter de grosses branches mal réparties, avec un centre trop dense et des zones dégarnies. En intervenant chaque année, même modérément, on évite ces déséquilibres. L’althéa conserve alors une belle forme pendant longtemps, sans nécessiter de travaux drastiques qui peuvent le fatiguer.

En résumé, la taille est un outil d’architecture autant qu’un déclencheur de floraison. Elle permet d’inventer l’althéa qui s’intégrera parfaitement au jardin, qu’il s’agisse d’un nuage coloré au fond d’un massif ou d’un élégant petit arbre près de la terrasse. Une fois cette relation entre forme et taille comprise, une autre dimension s’ouvre : celle de la multiplication, notamment par bouturage, pour profiter encore plus de cet arbuste attachant.

Bouturage et multiplication de l’althéa après la taille

La taille de l’althéa produit naturellement de nombreux rameaux coupés. Plutôt que de les envoyer directement au compost, certains peuvent devenir le point de départ d’un nouvel arbuste grâce au bouturage. C’est une façon simple, économique et réjouissante de multiplier un hibiscus des jardins qui plaît particulièrement, qu’il s’agisse d’une variété à fleurs simples, doubles ou d’une couleur originale.

Les meilleures boutures se prennent généralement sur du bois semi-aoûté, c’est-à-dire des tiges de l’année un peu lignifiées mais encore souples. La fin de l’été et le début de l’automne offrent souvent de beaux rameaux de ce type, mais certaines personnes réussissent aussi des boutures de fin d’hiver à partir de sections prélevées lors de la taille de mars. Dans ce cas, on choisit des morceaux sains, sans trace de maladie ni de blessure.

Pour chaque bouture, on découpe un tronçon d’environ 15 à 20 centimètres, portant plusieurs bourgeons. La coupe du bas est réalisée juste sous un œil, tandis que celle du haut se fait un centimètre au-dessus d’un bourgeon. On retire les feuilles du bas pour éviter qu’elles ne pourrissent dans le substrat, et on ne conserve qu’un petit nombre de feuilles en haut, voire on les réduit de moitié si elles sont très grandes.

Le support de culture peut être très simple : un mélange léger et drainant, composé par exemple de terreau universel et de sable, fonctionne très bien. Les boutures sont enfoncées sur quelques centimètres, suffisamment pour les stabiliser. Un arrosage généreux à la plantation tasse le substrat autour des tiges, puis l’humidité est maintenue sans excès. Une mini-serre ou un sac transparent posé au-dessus peut aider à garder une bonne hygrométrie, à condition de laisser respirer régulièrement.

Le choix de l’emplacement est important. Une lumière douce, sans soleil brûlant direct, convient parfaitement. Un coin abrité du vent, contre un mur ou dans une serre non chauffée, offre de meilleures chances de reprise. Au fil des semaines, de petites feuilles nouvelles apparaissent si la bouture a fait des racines. La patience est de mise, car l’althéa peut prendre un peu de temps avant de montrer des signes visibles.

Le lien avec la taille est alors très concret. Une taille bien pensée, faite à la bonne période de taille, fournit des rameaux de qualité pour le bouturage. De plus, multiplier l’arbuste permet parfois d’oser une taille plus audacieuse sur le sujet d’origine. Savoir qu’une descendance est déjà en train de s’installer dans des pots ou à un autre endroit du jardin rend les coupes sévères moins intimidantes.

Une fois les jeunes plants suffisamment enracinés, ils peuvent être rempotés dans un contenant un peu plus grand ou directement installés en pleine terre, selon la saison. La première année, une taille très légère suffit, juste pour équilibrer la tige principale et encourager la ramification. Les années suivantes, on peut appliquer les mêmes principes de taille que sur un althéa adulte, mais avec un peu plus de douceur pour ne pas ralentir leur installation.

Ce processus de multiplication ouvre aussi la porte au partage. Les boutures devenues arbustes peuvent être offertes aux voisins, à la famille ou à une école souhaitant créer un jardin pédagogique. L’enthousiasme de voir un petit morceau de branche se transformer en buisson fleuri est contagieux et renforce le lien avec le jardin.

Le bouturage permet enfin d’expérimenter. On peut, par exemple, conserver un plant taillé en boule régulière dans un grand pot sur la terrasse, tandis qu’un autre est laissé en forme plus libre au fond du jardin. Comparer leur réaction à la taille, leur floraison et leur comportement en hiver devient une sorte de petit laboratoire vivant, accessible à tout amateur curieux.

Grâce à cette multiplication, l’althéa prend une place particulière dans le jardin : il n’est plus seulement un élément décoratif, mais aussi une source de nouvelles plantes et de découvertes. Pour que ces nouveaux arbustes soient aussi florifères que leur parent, une attention particulière doit être accordée à quelques erreurs classiques de taille à éviter, qui sont abordées dans la dernière partie.

Erreurs de taille à éviter pour préserver la floraison de l’althéa

Même si l’althéa est un arbuste indulgent, certaines erreurs de taille peuvent freiner fortement sa floraison ou déséquilibrer sa silhouette. Les connaître à l’avance permet de les éviter sereinement, sans craindre de « mal faire ». L’objectif n’est pas d’atteindre une perfection théorique, mais de garder quelques repères simples en tête avant de sortir le sécateur.

L’une des fautes les plus fréquentes consiste à tailler au mauvais moment. Une coupe sévère en plein printemps, alors que les jeunes pousses se développent, enlève une grande partie des rameaux qui auraient porté les fleurs de l’été. L’arbuste réagit en produisant surtout des feuilles, et la saison semble ensuite décevante. De même, une taille très tardive en été empêche la plante de bien se préparer à l’hiver, surtout dans les régions froides.

Un autre écueil concerne la tentation de « coiffer » l’althéa comme une haie, à la cisaille, en se contentant de raccourcir toutes les extrémités à la même hauteur. Cette approche donne une forme artificielle et, surtout, multiplie les petites plaies sur les mêmes zones. Les branches se densifient en surface, mais l’intérieur se dégarnit. La lumière ne pénètre plus et la floraison se concentre sur une mince couche extérieure, rendant l’ensemble moins intéressant.

Trop raser l’arbuste sans logique de structure peut également poser problème. Rabattre l’althéa très bas tous les ans, sans sélectionner quelques branches charpentières bien placées, l’empêche de construire une véritable ossature. L’arbuste vit alors dans une sorte de jeunesse permanente, toujours en train de repartir de la base sans jamais s’installer durablement. À la longue, cela peut l’épuiser.

À l’inverse, ne jamais tailler et laisser tout pousser au hasard n’est pas idéal non plus. On finit souvent avec un centre encombré de tiges fines et faibles, concurrentes, qui ne laissent pas respirer la plante. Certaines zones se dégarnissent, d’autres deviennent fragiles aux coups de vent. La floraison reste présente, mais moins abondante et moins bien répartie.

La qualité des coupes compte aussi beaucoup. Une coupe trop loin au-dessus d’un bourgeon, laissant un long « chicot » de bois inutile, peut sécher et devenir une entrée pour les maladies. À l’inverse, une coupe trop proche, qui entame le bourgeon lui-même, empêche ce dernier de se développer correctement. Une distance d’environ un demi-centimètre au-dessus de l’œil est une bonne référence, avec une coupe légèrement en biais pour faciliter l’écoulement de l’eau.

Utiliser des outils émoussés ou sales est une autre source de soucis. Un sécateur qui écrase plutôt qu’il ne tranche blesse davantage le bois et complique la cicatrisation. Des lames non désinfectées peuvent transporter des champignons ou des bactéries d’un arbuste à l’autre. Un simple passage à l’alcool ou à l’eau savonneuse chaude entre deux séances de taille limite ce risque sans demander beaucoup d’efforts.

Enfin, il est utile de rappeler que l’althéa n’a pas besoin d’être transformé chaque année. Une taille trop ambitieuse, changeant complètement la forme d’une saison à l’autre, peut déstabiliser la plante. Mieux vaut viser une évolution progressive, en se fixant de petits objectifs : éclaircir le centre une année, équilibrer la hauteur l’année suivante, puis rajeunir une branche trop vieille un peu plus tard.

En gardant ces limites à l’esprit, la taille redevient un plaisir plutôt qu’un stress. L’arbuste répond généralement très bien à des gestes raisonnés, offrant en retour des fleurs généreuses et une présence lumineuse au jardin. Et si une erreur se glisse malgré tout, la nature laisse souvent une seconde chance : il suffit alors d’observer la réaction de l’althéa et d’ajuster la saison suivante.

Quelle est la meilleure période de taille pour favoriser la floraison de l’althéa ?

La meilleure période de taille pour stimuler la floraison de l’althéa se situe à la fin de l’hiver, autour du mois de mars, juste avant la reprise de végétation. À ce moment-là, l’arbuste est encore au repos mais prêt à lancer de nouvelles pousses, qui porteront les fleurs de l’été. Une taille plus tardive, en mai ou juin, enlèverait de nombreux rameaux florifères potentiels et réduirait fortement la floraison.

Comment reconnaître les branches à couper sur un althéa ?

Les branches à couper en priorité sont celles qui sont mortes, grises et cassantes, celles qui se croisent ou poussent vers l’intérieur, ainsi que les rameaux ayant fleuri l’année précédente. Ces derniers portent souvent des fruits secs remplis de graines et ont une écorce marron plus vive que le vieux bois. On les raccourcit généralement au-dessus du deuxième ou troisième bourgeon, orienté vers l’extérieur de l’arbuste.

La taille de l’althéa est-elle obligatoire chaque année ?

La taille n’est pas absolument obligatoire, mais elle est vivement recommandée si l’on souhaite une floraison abondante et un arbuste bien formé. Sans taille, l’althéa finit par se dégarnir de la base, fleurir surtout en hauteur et accumuler du bois faible au centre. Une taille annuelle raisonnable, complétée par un léger nettoyage en automne, permet de garder une belle silhouette et de nombreuses fleurs.

Peut-on bouturer l’althéa avec les rameaux issus de la taille ?

Oui, les rameaux obtenus lors de la taille peuvent servir au bouturage. On choisit des tiges saines, de préférence semi-aoûtées, que l’on coupe en tronçons de 15 à 20 cm portant plusieurs bourgeons. Après avoir retiré les feuilles du bas, on plante ces boutures dans un mélange léger et drainant, en les maintenant à l’humidité dans un endroit lumineux mais sans soleil brûlant. Avec un peu de patience, elles s’enracinent et donnent de nouveaux arbustes.

Faut-il tailler l’althéa en automne ou attendre le printemps ?

En automne, il est possible de procéder à un simple nettoyage : suppression du bois cassé, des fruits secs en excès et des branches qui déséquilibrent vraiment la silhouette. En revanche, la taille de structure, plus courte et plus déterminante pour la floraison, est à garder pour la fin de l’hiver. Tailler trop fort en automne peut exposer les parties coupées au gel et affaiblir l’arbuste, tandis qu’une taille au printemps stimule mieux ses nouvelles pousses.

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